Bibiane Godfroid est interviewé ce matin sur Pure Médias dans le cadre de la création d’une structure pour les émissions de flux du groupe Newen.

La directrice générale déléguée en charge des contenus de Newen et Alexandra Crucq, directrice générale de Production Valley annoncent la création de cette nouvelle filiale.

Extrait des propos recueillis par Julien Bellver pour Pure Médias.

 

“Il y a un déficit créatif sur le flux et Newen a envie d’occuper le terrain”

Le groupe Newen rassemble plusieurs sociétés de production. Vous avez décidé de regrouper les activités de flux. Pourquoi ?
Bibiane Godfroid.
 Oui, au sein de Production Valley. Cette structure sera spécialisée dans le flux divertissement et entertainement. Le jeu en fera aussi partie, avec “Harry” sur France 3. Toutes les nouvelles créations de jeux et de divertissements seront développées par Production Valley, comme le pilote de “On Fire”. Il fallait qu’on puisse produire tous les formats développés par le groupe dans une structure dédiée. Ainsi Newen aura une organisation plus claire.

Alexandra Crucq. On va travailler en priorité sur des formats d’émissions quotidiennes et de prime time qui peuvent s’exporter et tenter le plus possible de répondre aux besoins des chaînes.

Le premier format Production Valley pourrait arriver quand ?
BG. Très vite, j’espère. Malheureusement, à quelques jours près, on ne peut pas vous faire d’annonce mais un très beau projet d’une émission de première partie de soirée est en cours de signature avec M6. On a aussi deux projets de jeu en développement avancé. D’ici deux mois, on aura des choses à annoncer.

 

Le jeu, ce sera aussi l’un des axes de développement de ‘Production Valley’ ?
AC. Oui. Il y a très peu d’acteurs en France qui sont positionnés sur la création de jeux, c’est un genre très particulier et difficile.

“En France, les téléspectateurs ont vraiment besoin d’une dramaturgie pour adhérer à un jeu télé”

Les chaînes ont envie de quoi en ce moment, de feel good ?
BG. Pour le flux, il faut être dans le positif. Pour l’info, on ne doit pas être anxiogène. Sur la fiction, je vois tout autre chose, c’est un peu l’inverse comme si elle avait un effet catharsis. A Capa, on travaille sur un magazine de société qui pourrait être potentiellement sur le service public et la chaîne nous demande des sujets de fond mais légers. Sur les jeux, les chaînes nous disent, “on ne veut plus de jeux de tension, on veut du divertissement”. C’est difficile parce que le non-anxiogène, c’est souvent tiède. Même dans un jeu, on doit raconter une histoire et en France, les téléspectateurs ont vraiment besoin d’une dramaturgie pour y adhérer.

AC. La valeur du dépassement de soi irrigue beaucoup de programmes en ce moment. “A l’état sauvage”, “Koh Lanta” après dix saisons, “Ninja Warrior”, “The Island”… Des personnalités qui se transcendent dans une expérience télévisuelle. C’est une valeur extrêmement positive mais qui crée du spectacle et de la tension.

Les jeunes regardent de moins en moins la télévision. On fait comment pour les ramener devant le poste ?
BG.
 Le digital, c’est un moyen de communication pour les attirer mais cela ne va pas les faire venir devant la télévision. Seule la qualité du programme les emmènera. On doit trouver des programmes qui permettent une écoute conjointe. Sur “Ninja Warrior”, je pense que ce sont les enfants qui ont emmené leurs parents devant le poste. Il ne faut surtout pas renoncer, c’est pour cela qu’on doit créer des programmes événementiels qui rassemblent toute la famille. J’attends de voir comment les “millenials” vont se comporter quand ils auront 35 ans, à la maison avec des enfants. Il ne faut pas confondre poste de télévision et télévision.

“Pop Up” avec Audrey Pulvar sera aussi produit par Capa, dans une case assez étonnante, le samedi à 11h sur C8… Vous partez avec un sérieux handicap !
BG. J’ai dit au patron des programmes de C8 qu’il allait falloir faire exister cette case. On est très fier de faire une émission de culture pour C8, c’est un bel enjeu, une recherche de positionnement pour la chaîne. La culture pour tout le monde, cela peut être vraiment fédérateur. Les parents vont tout apprendre sur les Pikachu et certains enfants vont tout apprendre sur Magritte. C’est un vrai pari, c’est statutaire pour C8. Notre objectif est avant tout de faire une belle émission et j’espère que l’audience suivra. On a des numéros commandés jusqu’à la fin de l’année.

Est-ce que CAPA va continuer à produire des sujets pour la nouvelle formule de “Envoyé Spécial” ?
BG. On a un sujet qui a été commandé et sera diffusé l’année prochaine. Mais France 2 a choisi de réinternaliser une grande partie de la production des reportages et les émissions politiques ont la priorité.

Newen a pris le virage de la TNT, notamment sur RMC Découverte (“Hors de contrôle”), c’est rentable de produire pour les petites nouvelles chaînes de la TNT ou c’est un pari sur l’avenir ?
Les deux à la fois. Cela n’est rentable que si on travaille en série. On doit prendre des risques sur les premières commandes d’unitaires. Quand la chaîne nous commande plusieurs numéros, cela devient rentable.

Crédit Photo: Sylvie Lancrenon/M6