LE CONCEPT

“L’odyssée de la vie” est un documentaire qui retrace les neufs mois d’une grossesse : de sa conception à la naissance.
Le couple Manu et Barbara attendent leur premier enfant. Le documentaire suit ce couple qui, semaine après semaine, évolue avec cette grossesse. Grâce à l’évolution de la synthèse et des données scientifiques, le réalisateur, Nils Tavernier, emmène les téléspectateurs à travers la vie intra-utérine.

Documentaire, raconté par Jacques Perrin, utilise des images de synthèse réalistes. Le chiffre : 2000 heures d’un travail colossal et important réalisé par Mac Guff Ligne. L’histoire de Barbara et Manu n’est évidemment pas mise de côté, le documentaire les suit aussi tout au long de cette aventure.
C’est l’un des premiers documentaire à utiliser de nouvelles technologies pour réaliser les images de synthèses.

LE PROGRAMME

  • Diffusion : 31 janvier 2006 à 20h50
  • Chaîne de diffusion : France 2
  • Présentation :
  • Production : 17 Juin Média- France 2- Transparence Production
  • Format : 90 minutes

LA VIDÉO

LE RÉALISATEUR

NILS TAVERNIER

Atlantis Television - L'Odyssée de la Vie

Nils Tavernier débute sa vie professionnelle dans un film de Bertrand Tavernier, nommé “Des enfants gâtés” en 1977. Il apparaît, par la suite, dans “Coup de foudre”, film de Diane Kurys, mais aussi “La Passion Béatrice” en 1987, “L.627” en 1991 et “La Fille de d’Artagnan” en 1993 de Bertrand Tavernier, son père.

Il joue aussi dans “Une affaire de femmes” de Claude Chabrol où il a le second rôle ainsi que “Valmont” de Milos Forman, “Post coïtum animal triste” de Brigitte Rouan en 1996 et “Un frère” de Sylvie Verheyde en 1997.
Il s’est réellement fait connaître du grand public grâce, d’abord, à ses courts métrages puis ses documentaires.
En 2001, il partage sa passion de la danse avec “Tout près des étoiles” qui est au cinéma. Il coréalise, par la suite, le documentaire “Histoires de vies brisées : les doubles peine de Lyon”, avec Bertrand Tavernier.
En 2009, il réalise “Le Mystère des jumeaux”, un autre de ses documentaires.

En 2012, il réalise un documentaire sur l’erreur médical nommé “Que reste-t-il de nos erreurs ?”, soutenu par le Ministère français de la santé et de l’Assistance publique, Hôpitaux de Paris.
En 2013, il revient sur le thème de l’enfant avec “De toutes nos forces”, au sujet du handicap et de la volonté. En ce qui concerne la télévision, il réalise deux documentaires :
“Désirs et sexualités” en 2004
“L’odyssée de la vie” en 2006

L’INTERVIEW

Atlantis Television - L'Odyssée de la Vie

L’Odyssée de la vie – Entretien avec Nils Tavernier, réalisateur et René Frydman, directeur scientifique de l’Odyssée de la vie. Nils Tavernier, réalisateur.

Un couple qui vit sa première grossesse, un bébé entièrement recréé en images de synthèse : Nils Tavernier a choisi de « mettre en lumière l’interaction entre une maman et le bébé qu’elle porte ». De l’extérieur à l’intérieur, du ventre rond à l’utérus, L’Odyssée de la vie nous plonge dans une aventure à la fois unique et universelle. Un film intime, parsemé de découvertes et de poésie, et enrobé de la douceur et de la magie d’un réalisateur à l’oeil tendre et avisé.

Comment est née l’envie de faire cet « enfant » ?
Un soir, j’ai dîné, avec Patricia Boutinard Rouelle, en compagnie de pédopsychiatres. La soirée était passionnante. Quand tout le monde est parti, Patricia m’a regardé droit dans les yeux en m’annonçant : « Je voudrais faire un film sur la naissance et ce film, je voudrais le faire avec toi. ».

A-t-il fallu vous convaincre ?
Sachez que refuser quelque chose à Patricia est très difficile ! Avec moi, elle a toujours été intelligente et très précise dans ses demandes. Non, je suis parti de ce dîner complètement enchanté. Il ne restait plus qu’à savoir ce que je voulais raconter à travers ce film, ce que je pouvais réaliser en terme d’images. Mettre en lumière les interactions entre une maman et le bébé qu’elle porte dans son ventre m’a tout de suite paru intéressant. Du coup, le film pouvait se situer entre le documentaire et la fiction, entre le portait de Barbara et Manu, un couple qui vit sa première grossesse, et l’évolution du foetus, entièrement recréé en images de synthèse. Le tout étant de parvenir à conjuguer habilement ces deux systèmes narratifs.

Comment y êtes-vous parvenu ?
La partie documentaire s’est faite caméra à l’épaule, sans trop de lumière et en 16 mm — je voulais une image très léchée. D’un point de vue technique, le pari du film était de parvenir à combiner le bromure d’argent et le numérique. Afin de passer naturellement de Barbara au bébé, il fallait que l’axe et la lumière soient à chaque fois respectés. Les deux images devaient aussi se rejoindre en un seul et unique système narratif. Quand Barbara se fait câliner par sa maman, par exemple, le bébé devait être serein. Lorsqu’elle exécute des pirouettes dans la piscine, il devait en faire lui aussi. Créer ce rythme et cette corrélation entre les images de fiction et de documentaire n’était pas un travail évident. Pour nous faciliter la tâche, nous avons monté simultanément ces deux parties au même endroit. La représentation du bébé étant dictée par les images de fiction et ordonnée par une certaine temporalité.
Certaines scènes s’imposaient donc d’avance…
Oui. Je m’étais construit au départ un cadre précis puisqu’il y avait des séquences « obligatoires » : Barbara devait passer dans un univers enfumé, prendre un repas… Mais cette base de travail ne m’a pas empêché de bosser ensuite dans une totale improvisation.

Pourquoi avoir choisi de ne suivre qu’un seul couple ?
Je voulais un film intime. S’il y avait eu deux couples, je me serais mis, malgré moi, à comparer les deux histoires. Et l’une aurait certainement pris le pas sur l’autre. Avec Barbara et Manu, nous avons vécu pendant un an dans une vraie proximité. Si j’avais suivi parallèlement un autre couple, mes rapports avec eux auraient été sans doute moins intimes. Une banalisation des rapports humains ne m’intéressait pas…

De quelle manière avez-vous « intégré » leur quotidien ?
Filmer un couple pendant huit mois pouvait vite s’apparenter à de la télé réalité. C’est pour cette raison que je ne désirais pas être trop « actif » au sein de ce duo et de leur intimité. L’idée de faire un gamin, c’est quand même de le faire à deux ! Je ne voulais pas que le tournage occupe une place trop « importante » dans leur vie. Barbara devait aussi conserver toute son autonomie : choisir les moments où elle avait envie de s’exprimer face à la caméra. Du coup, on ne se voyait que lorsque elle et moi le désirions. Au final, il y a eu plus de 80 jours de tournage.

Comment êtes-vous parvenu à insuffler ce vent de poésie sur le film ?
Ravi de l’entendre ! Je ne sais pas… Peut-être parce que plus ça va, plus j’ai envie d’être féminin et romantique. Je me compare souvent à un garçon fille. Et puis, dès qu’il y a de l’amour, je l’attrape en plein vol. Dans L’Odyssée de la vie, j’espère être parvenu à saisir tous les moments où un couple s’aime dans le respect et la douceur.

Ce film a-t-il changé votre regard sur la paternité ?
J’ai un enfant de 14 ans. Alors, inévitablement, tout ça m’a rappelé ma propre expérience, le moment où la mère de mon fils était enceinte. Oui, on peut parler d’une sorte de retour sur soi. Maintenant, de là à savoir si mon regard a vraiment changé… La réponse à cette question est très intime. Sans rentrer dans les détails, il est évident qu’un film sur la naissance te renvoie forcément à la tienne, donc à tes parents, et, par extension, à ta « position » dans la vie.

L’Odyssée de la vie vient-il s’inscrire dans la continuité de votre documentaire Désirs et sexualité ?
Non. J’ai vraiment considéré L’Odyssée de la vie comme un film unique. Comme ils sont signés du même réalisateur, les deux documentaires ont certainement des points communs, dans la manière de travailler et dans cette envie de promouvoir la tendresse et la douceur — mais sans pour autant omettre la violence de la vie, présente aussi bien dans la sexualité que dans la grossesse, période de danger pour la maman et le foetus.

Des points communs dans « l’envie de promouvoir » aussi les rencontres, non ? Vous aviez dit dans la presse : « Je crois que mes 15 docus racontent la même chose. [Ils] ne racontent pas autre chose que “Nils a envie de rencontrer des gens merveilleux” »…
C’est vrai que le documentaire permet de faire des rencontres, des vraies, sur la durée. Et il s’avère que j’ai une facilité déconcertante à aimer ! J’adore filmer les gens que j’aime, tout simplement. La bienveillance me rend plus à l’aise. Je vais tout de suite mieux.

Comment qualifieriez-vous ce film ?
Ce n’est ni un documentaire, ni une fiction… Ni un film de société, ni un film médical — même si l’on y apprend plein de choses… C’est un OVNI ! Un film dingue ! A la fois romantique et pédagogique, intime et universel.

Pour finir, des nouvelles de la petite Julia ?
Julia va bien, super bien même ! L’autre jour, je suis redescendu à Cannes pour faire une séance photos avec eux, comme ça, juste pour le plaisir. Ces trois-là, ils ne sont pas prêts de sortir de ma vie !

Sources : Cinémotions