Coproducteur du film avec Jean Dujardin et Gilles Lelouch, le directeur général de la société Black Dynamite s’explique sur cette réussite inattendue et dévoile quelques projets.

Avec Les Infidèles, vous allez atteindre le million de spectateurs en une semaine. Vous attendiez-vous à un tel succès pour votre première coproduction ?
Non, c’est dingue. Nous n’avions pas du tout imaginé un tel démarrage. On espérait juste ne pas se ramasser. Si on a pris beaucoup de plaisir à le faire, la proposition était atypique. Faire un film à sketchs, c’était un vrai pari. Certains nous ont dit que ça serait trop déroutant pour le public. On voit bien que c’est le contraire. Un peu comme Scènes de ménage à la télé.

Comment expliquez-vous cet engouement ?
Le public est plus audacieux qu’on veut le penser. Et puis, toutes les appréhensions se transforment en positif. On a dit que l’Oscar de Jean Dujardin allait phagocyter Les infidèles. C’était une erreur. Il y a une vraie attente autour de Jean. On nous a aussi dit que c’était impensable de mélanger le premier degré, le troisième degré et des passages dramatiques… Au final, le thème et la façon de le traiter parlent aux gens. C’est un film de copains, avec une grande liberté de ton et de jeu d’acteur.

Vous avez également profité de la polémique autour des affiches du film, non ?
En termes de notoriété, peut-être. Mais si on avait voulu vraiment faire le buzz avec, on aurait fait bien pire ! On y est pour rien. D’ailleurs, on se serait passé des critiques. Ce n’est pas un film misogyne, bien au contraire.

Les Infidèles, c’est aussi une belle carte de visite pour la suite…
Oui, ça montre notre crédibilité. On va pouvoir continuer à travailler avec une grande liberté. D’ailleurs, en ce moment, on planche sur l’adaptation de Rabid Dogs, un film du réalisateur italien Mario Bava.

Il paraît que vous avez un autre projet avec Jean Dujardin…
Il y a une envie commune. Mais rien de concret. Jean est quelqu’un d’exigeant. Quand on pense le tenir, ce n’est pas forcément le cas. Et puis, tous les producteurs français rêvent de travailler avec lui. Même les Américains ! Et malgré tout, c’est vrai qu’il reste abordable.

En revanche, avec l’arrêt de TPS Star (sur laquelle il produisait La Quotidienne du cinéma, ndlr) et de C Foot, vos deux principaux clients, 2012 est une année compliquée côté télé…
Ça fait partie de la vie d’une boîte de production. On va rebondir. Avec le groupe Canal+, on a de bons rapports. On travaille notamment sur des projets autour du sport et du cinéma, notre ADN. Par contre, l’arrêt de C Foot, c’est un vrai choc, une grande déception. On ne pensait pas que ça pouvait s’arrêter au bout de six mois. Maintenant, il faut gérer la fin.

D’après nos informations, vous êtes en négociations avec France 2…
On est en développement. C’est encore trop tôt pour en parler.